Gisèle Halimi, une farouche liberté
Kinneksbond, Centre Culturel Mamer - Grande Salle (Mamer)
Afficher le plan« Le combat est une dynamique. Si on arrête, on dégringole. Si on arrête, on est foutues. » À dix ans déjà, Gisèle Halimi faisait la grève de la faim pour ne plus servir ses frères.
À partir de ses entretiens avec la journaliste Annick Cojean, Léna Paugam compose un théâtre-récit à deux voix – non pour incarner Halimi, mais pour laisser apparaître la trajectoire d’une femme qui n’a jamais accepté la place qu’on lui assignait.
Dès l’adolescence, elle rejette le mariage qu’on lui impose. Avocate pendant la guerre d’Algérie, elle défend les militants du Front de libération nationale, dénonce les exactions de l’armée française et prend la défense de Djamila Boupacha, jeune Algérienne torturée en détention. Signataire du Manifeste des 343, elle plaide à Bobigny en 1972 et ouvre la voie à la loi Veil, puis fait reconnaître le viol comme un crime à Aix en 1978. Députée en 1981, elle vote l’abolition de la peine de mort.
À ce parcours hors norme, Léna Paugam ajoute deux fils plus intimes : la mère, contre laquelle Halimi s’est construite, et la mer, vue depuis Tunis, qui laisse deviner une part que les plaidoiries n’ont jamais dite.
Une vie que la fiction n’aurait pas osé inventer.